Lorsque Margaux Tirel a acheté des obligations d'État françaises à 3,2 % en 2023, elle pensait avoir trouvé un placement sûr avec un revenu prévisible. Ce n'était pas faux. Mais elle n'avait pas pris en compte l'inflation, qui atteignait alors environ 5,5 % sur l'année.
Le rendement réel, pas le chiffre affiché
Le rendement nominal d'une obligation est le taux inscrit sur le contrat. Le rendement réel, lui, se calcule en soustrayant l'inflation. Dans le cas de Margaux, son placement perdait du pouvoir d'achat malgré les intérêts perçus. Cette distinction est fondamentale pour tout débutant qui considère les obligations comme un refuge automatique.
Ce que révèle la courbe des taux
Les obligations à court terme offrent généralement moins que celles à long terme, parce que le risque augmente avec la durée. Mais en 2023, cette logique s'était inversée en Europe : les taux courts dépassaient les taux longs. Ce phénomène, appelé inversion de la courbe, précède souvent un ralentissement économique. Margaux a utilisé cette information pour raccourcir la durée de ses obligations.
Le choix qu'elle a finalement fait
Elle a réorienté une partie de son allocation vers des obligations indexées sur l'inflation, qui ajustent automatiquement le capital remboursé selon l'évolution des prix. Ce type d'instrument existe en France sous le nom d'OATi. Ce n'est pas une solution universelle, mais dans un contexte inflationniste, c'est une alternative qui mérite d'être étudiée sérieusement.